Estampes et monotypes
Chemins
intérieurs
Geneviève Bartoli
Rester là, au plus près – de soi –
Chercher l’infini, que je pourrais appeler vibration, car où s’arrête son écho …
Chercher non pas la compréhension, ni le pouvoir, ni l’histoire, ni l’ailleurs, ni la fuite.
Etre là,
dans cet axe, cette ligne, cet espace, cette sensation
Et respirer …
Graver, essuyer, estomper,
écouter ce langage frémissant, continuer, même en ressentant une certaine surdité, un vide abyssal, un brouillage certain.
Faire confiance.
Ecouter ce si profond, sa noirceur, son silence, son écho.
Supporter ce manque, cette absence, les prendre à bras le corps et rester devant.
Faire face. Infini, vide fertile ?
Regarder, encore et en corps.
Où est ce lien, cet écho entre les formes, les gens, les cultures, les bris de soi.
Rester là, au plus près.
De l’intériorité.
De l’altérité.
Entre vibrations, incompréhensions, mystères
Espaces vides et trop-plein.
Promesses d’existence et de joie :
« La vie insiste à travers des formes simples »
Je pourrai dire aussi humbles, fragiles, délicates, complexes, comme la respiration, la main tendue, le stylet au bout des doigts, la gratitude.
Pour ce travail, je me suis appuyée sur la pratique de la gravure sur carton,
ce matériel si pauvre, jetable et recyclable, ainsi que sur ma pratique corporelle,
sur la théorie polyvagale et les recherches en imagerie biomédicale.
Reste l’essentiel, ma gratitude envers tous mes enseignant.e.s,
particulièrement le collectif cartonextrêmecarton — Julien Mélique,
Dominique Moindraut, Pascale Simonet et la délicieuse Marie-Clémentine Marès (@marieclementine_mares).
À mes amies
À ma fille, mon cadeau éternel
À ma sœur qui est une amie
Juin 2026 — Geneviève Bartoli
Faire défiler les œuvres horizontalement.

Taille douce et collagraphie — 20 × 30 cm

Monotype — 40 × 30 cm

Monotype, taille douce et marouflage — 50 × 70 cm

Monotype — 25 × 70 cm

Monotype — 25 × 70 cm
- Île silence I et IIMonotype — 25 × 70 cm
- Là où les silences vontMonotype, taille douce et marouflage — 50 × 70 cm
- La joie — Actes 1 à 4Monotype — 40 × 30 cm
- À l’aube de l’être — 1, 2, 3Monotype — 25 × 35 cm
- Intérieur NuitMonotype — 23 × 30 cm
- Fluide et entrelacsMonotype — 30 × 30 cm
- La lune au carréMonotype — 30 × 30 cm
- Entre Inspir et ExpirTaille douce et collagraphie — 20 × 30 cm
- Division cellulaireTaille douce et collagraphie — 24 × 30 cm
- Femme aux chakrasTaille douce et collagraphie — 20 × 30 cm
- Femme qui regardeTaille douce et collagraphie — 20 × 30 cm
- Le seinTaille douce et collagraphie — 20 × 30 cm
- Miroirs neuronesTaille douce et carborundum — 30 × 30 cm
- Fœtus utérinTaille douce et collagraphie — 20 × 30 cm
- UniversTaille douce ou épargne selon tirage — 20 × 30 cm
- Le Souffle I et IITaille douce, collagraphie — 30 × 70 cm / 35 × 70 cm
- TPV — Théorie polyvagale / Tendre Présence VagueTaille douce, 3 plaques — 18 × 24 cm
- Petit bout de roi-reineTaille douce, carborundum — 13 × 13 cm
- La petite ronde bleueTaille douce, carborundum, 2 plaques — 15 × 20 cm
- Ouverture I et IIMonotype, taille douce, papier japonais marouflé — 32 × 38 cm
- À cœur ouvertTaille douce sur cuivre — 22 × 28 cm
- Homo nervusTaille douce sur cuivre et chine collé — 22 × 28 cm

Exposition
Du 19 au 21 juin 2026
Vernissage vendredi 19 juin, de 18h à 21h.
Ouverture samedi 20 juin de 14h à 19h, dimanche 21 juin de 11h à 18h.
À L’Atelier du 29 — Espace Création, 29 rue Lacépède, 75005 Paris.
Métro Place Monge / Cardinal Lemoine.
Contact : Geneviève Bartoli — 06 15 65 64 94 — genevievebartoli@outlook.fr
À la rencontre de l’invisible essentiellement présent !
La gravure, particulièrement la taille douce, m’est apparue il y a quelques années,
comme un médium ouvrant à la poésie, à l’esquisse, à l’ouvert,
sans délimitation ni confinement !
Petite, j’ai souffert… Tant d’enfermements.
Ce travail sur les chemins intérieurs vient de là, comme un long processus
qui s’est décliné dans plusieurs séries, où la matière, le tracé, les formes,
les pleins et les déliés, les ombres et lumières s’appuient à la fois sur de l’interne
et de l’externe, alternativement, souvent en résonance, l’un m’aidant à appréhender
l’autre et réciproquement.
Le chemin de rencontre de soi, progressivement, s’effectue.
Car elle est là ma recherche : ouvrir, accueillir, élargir, voir plus grand,
parfois plus précis, accepter le flou, dans ce monde toujours inachevé,
mystérieux, non-duel, terrible et infini.
Pour cela, aller voir l’anesthésié, l’invisible, le noir, le mur,
l’éclairer par le fourmillement ou le brouillard des perceptions amplifiés
par l’auréole de l’imagination.
L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art — Robert Filliou
RENDRE PRÉSENT L’INVISIBLE
RENDRE SENSIBLE L’ANESTHÉSIE
RENDRE VISIBLE L’IMPERCEPTIBLE INTÉRIEUR
La matrice, que je choisis en carton, est là pour me laisser ressentir
du bout des doigts les dénivellations de mon monde interne.
Je les suis en aveugle et le tirage vient me surprendre !
Ce décalage entre ressenti et visible appelle ma quête :
un nouveau cheminement intérieur vient s’appuyer sur cette extériorité…
Inlassablement.
Août 2025
Au commencement, il y avait la mère et l’enfant
L’enfant crut qu’il s’était perdu…
Alors que c’était la mère qui s’était perdue !
Ni lui ni elle ne le savait.
L’enfant a grandi.
En grandissant, il s’est contracté, dissocié pourrait-on dire aussi,
rigidifiant ses vibrations internes, limitant ses espaces de respiration.
Long voyage que de retrouver ses chemins intérieurs.
La gravure est devenue une nécessité, une aspiration sur le chemin du poétique,
c’est-à-dire du vibrant, de l’esquisse, du sensible.
Tant de travail… L’art est si exigeant… et le Sur-moi, encore plus !
Tracer, graver, regarder, découvrir, se chercher, juger, hélas…
Recommencer, toujours.
Marcher ces chemins pour exister, chercher par où passer :
par où la ligne veut-elle passer ? Comment le personnage veut-il exister ?
Sur quelle matière veut-il se poser, s’élancer ou lâcher-prise ?
Les trois ouvrent au mouvement, au tremblement, au déploiement…
Je souris.
L’ART est un JEU si sérieux, si profond, si essentiel !
Aujourd’hui l’angoisse du début de toute création s’est transformée en espace,
espace potentiel, où il y a juste à travailler.
SOULAGEMENT
Ne pas trop vouloir pour que cela advienne, mais vouloir tout de même !
Je suis là, je respire.
J’écoute DEDANS-DEHORS.
Ça se rejoint ou plutôt c’est déjà ensemble. Parfois ce n’est pas séparé,
quelle chance alors !
Est-ce cela le Grand Tout ?
Être là avec soi et plus que soi.
Août 2025
Mon cœur a perdu sa peine, il est devenu de pierre.
Merci ma pierre d’avoir supporté cela et plus tard de t’être fissurée.
Mon corps s’est voulu sans histoire, il est devenu fonctionnel.
Merci mon corps d’avoir supporté et plus tard d’avoir crié.
Immunité zéro lui a-t-on dit !
Mon esprit s’est rendu insensible à force d’avoir mal.
Insensible à la mort, à l’angoisse, à la pensée.
Merci à vous, corps-esprit, d’avoir résisté.
Non je ne me suis pas perdue, je me suis quittée. Oh en apparence tout allait bien,
j’étais une petite fille anormalement calme, enfin presque, une adolescente sans cris,
non point sans fugues… Au fond, au très-fond, ça ne marchait plus, ça ne sentait plus,
ça ne se voyait plus.
Sur l’île de la Réunion, j’ai vu les racines des arbres, les racines du ciel
et celles des cascades qui se rejoignent. J’ai vu ces fissures, ces filaments,
ces nuages qui se forment et se déforment, transformant le réel et sa vision.
J’ai perçu les vibrations et j’ai compris ce concept d’intention, venu à moi grâce
aux savoirs indigènes et pratiques chamaniques ; intention d’aller creuser des chemins
intérieurs pour dessiner l’intériorité et trouver-créer des chemins de sensations,
de vibrations, d’espaces et de couleurs.
De ce travail de recherche et création, surgit parfois une clarté fugace que j’adore ;
plus souvent des espaces mystérieux, source aléatoire d’obscurité, de fragments,
ou d’éclats, d’où peuvent jaillir des zones mutiques ou vibrantes, qui vont m’habiter
ou m’obséder et me dire encore, encore, encore, cherche en corps.
L’intériorité, c’est être en présence de l’insondable. Dans mon cas,
l’intériorité ne précède pas l’acte de peindre. Elle vient pendant,
si elle se produit. Dans ce-faisant de l’œuvre ! — Pierre Soulages
Je comprends tellement ! Et je n’en reviens pas que Pierre Soulages le dise
et que je le rejoigne dans ce processus. Je pratique la gravure pour cela !
Et c’était ainsi pour mes sculptures marionnettiques ou autres projets artistiques
très personnels.
L’œuvre regardée par l’artiste ou le spectateur peut produire de l’intériorité,
et le chemin qui y amène aussi !
Je t’attends !
Ce qui me plaît, c’est de rencontrer… Là où ce n’est pas attendu… Je souris.
Aujourd’hui je suis partie des îles silence pour les réaliser format raisin.
J’ai vu les silences se développer et j’ai appelé ma nouvelle série :
là où vont les silences !
Transparence joyeuse ?
Jusqu’où laisser traces et empreintes ?
Jusqu’à quand ?